Carnet de Marc Pautrel

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vendredi 16 juillet 2010

Jour 197

Presque tout ce que tu touches se change en or.

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Tu sais très bien que tout cela n'est pas pour toi, que pour toi il y a de réservé une place à la droite d'un trône, que sur le trône lui-même le nom qui est inscrit est le tien.

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On pourra dépenser toute l'énergie contraire que l'on voudra, il n'y a rien à faire : aucune réalité n'est plus importante que le texte à écrire.

jeudi 15 juillet 2010

Jour 196

Je me débats dans la jungle de mes nuits : menaces, rebondissements, personnages imprévus aux propos surprenants.

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Un monde de cauchemar où chaque être est rangé à sa place.

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Toutes les fois où tu te dresses face au vent, tu gagnes des minutes de vie supplémentaires, tu rallonges ton bail.

mercredi 14 juillet 2010

Jour 195

Ne te laisse pas effrayer par la violence aveugle des rêves, aie confiance dans ton sommeil, il te sauvera toujours.

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J'ai élevé autour de moi un mur magnifique, qui ne peut être traversé sans mon accord.

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Tu obtiendras ce que tu désirais tant, dans ce monde ou dans l'autre.

mardi 13 juillet 2010

Jour 194

Parfois, et même souvent, et même presque toujours, on travaille des semaines et des semaines pour rien, histoires bancales, tout à jeter.

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Toujours se déplacer, c'est le secret, rester insaisissable.

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Ne réfléchis pas trop, plus tu réfléchis, plus tu hésites, plus ta pensée s'égare.

lundi 12 juillet 2010

Jour 193

Partout où vous allez, cherchez la reine des lieux.

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Je raconte les histoires qu'on me raconte, je convertis les paroles en légendes.

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C'est toi l'écrivain, c'est toi qui ouvre et qui referme la barrière du temps.

dimanche 11 juillet 2010

Jour 192

La nuit est rarement mon ennemie.

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Tu deviens malgré toi un être surnaturel, un demi-dieu, un héros grec.

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Attendez-vous à des surprises.

samedi 10 juillet 2010

Jour 191

Tu attends le jour où tu n'auras plus peur du vide, le jour où l'attraction terrestre cessera de te menacer.

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Quand j'ai regardé le bouquet, les fleurs se sont arrêtées de respirer.

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Appelle le vent à ta rescousse, qu'il t'aide à voyager plus vite et plus allègrement.

vendredi 9 juillet 2010

Jour 190

Je suis comme le fleuve en crue : il avance lentement, mais rien ne peut l'arrêter.

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Ne laisse pas le monde extérieur te détourner de ton monde intérieur.

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Tu n'oublieras jamais tous ces moments où tu travailles et où les proches cherchent en vain à t'atteindre.

jeudi 8 juillet 2010

Jour 189

Tu t'es octroyé une partie de la terre.

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Je détiens, pour quelques semaines ou quelques mois, la formule secrète des dosages parfaits, je dois la conserver, veiller aux équilibres.

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Tu fais seulement ce que tu ne peux pas t'empêcher de faire et qui tient tout entier dans des phrases.

mercredi 7 juillet 2010

Jour 188

Au matin, je me réveille dans une autre ville, mon lit a voyagé pendant la nuit.

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Tu sais des choses que les autres ne savent pas.

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Le monde a déjà tourné, le ciel a déjà basculé, et personne ne s'en est encore aperçu.

mardi 6 juillet 2010

Jour 187

Reste immobile, laisse les mots venir à toi.

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Je ne suis pas toujours certain d'avoir encore envie de m'attarder ici.

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Souvent, ce que j'ai écrit m'empêche ensuite de dormir.

lundi 5 juillet 2010

Jour 186

Je ne suis pas de ce monde, je viens d'ailleurs, je vais plus loin encore.

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Il faut que vous me croyiez, je ne fais rien de plus que des expériences de langage, des échanges de sentiments d'écrivain à lecteur, le fond de mes histoires importe si peu.

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Tous les ans, tu détruis ta maison, et tu la reconstruis totalement différente.

dimanche 4 juillet 2010

Jour 185

Ma vie a toujours été tissée de secrets, j'ai le goût du silence.

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Ne te repose que le strict minimum, travaille sans cesse, pose les pierres les unes au-dessus des autres.

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Je veux tous les jours des fleurs à ma fenêtre.

samedi 3 juillet 2010

Jour 184

Tu regardes fasciné les barges amarrées sur le fleuve, petits continents mobiles, car tout flotte, même les montagnes et les vallées, le globe lui-même baigne dans l'équilibre.

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De temps à autres, j'essaie d'oublier que j'existe.

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Ne me racontez rien, je répète tout, je l'approfondis, je le déforme, je le démultiplie, je l'écris.

vendredi 2 juillet 2010

Jour 183

Je transforme tout ce qui me touche.

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Personne ne peut prédire la trace que laissera tel ou tel.

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Une fois que ça a été écrit, c'est fini, le sort en est jeté, et tu auras beau tenter de retarder l'échéance, tu sais que tu le donneras à lire, que c'est plus fort que toi.

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