Carnet de Marc Pautrel

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 24 février 2010

Jour 55

Chaque jour, c'est un choc effroyable entre mes mots et le monde : parfois ils sont pulvérisés, parfois ils triomphent et décalent le réel.

*

Je ne vis pas dans une ville, je vis dans une couleur, j'habite bordeaux.

*

Ta seule destination, c'est l'horizon.

mardi 23 février 2010

Jour 54

Je remontais lentement l'estuaire à la nage, contre la marée, à la nuit tombante et malgré la pluie, car c'était mon destin.

*

Tu as un coeur qui bat en cadence à la façon d'une horloge.

*

Nous cherchons tous le moyen de nous enfuir, le passage souterrain, le tunnel secret qui débouche à l'air libre.

lundi 22 février 2010

Jour 53

J'ai recommencé à grandir, comme si j'étais un enfant.

*

Affaiblis tes ennemis et renforce tes amis.

*

Tu vois, tu te souviens, tu écris, tu publies, tu vois.

dimanche 21 février 2010

Jour 52

Je vais à l'école toutes les nuits.

*

Il ne faut pas laisser passer l'heure et rater le départ : il y a un instant où on doit plonger et un instant où on doit sortir de l'eau.

*

Tu continues de creuser ton trou sans jamais t'arrêter.

samedi 20 février 2010

Jour 51

Un seul de tes regards change les montagnes en plaines, fait reculer les forêts et se construire les routes.

*

Dans la guerre des mots, on ne fait pas de prisonniers.

*

Je n'aurai qu'une seule colère dans toute ma vie, puisse-t-elle ne jamais naître.

vendredi 19 février 2010

Jour 50

Ce qui voudra te résister sera réduit en poudre.

*

Le sage nous apprend que lorsque l'écrivain écrit, il doit n'avoir aucun scrupule.

*

Je recommencerai cent millions de fois le même geste, et toujours dans le même sens.

jeudi 18 février 2010

Jour 49

Toutes les secondes vécues, archivées et empilées l'une sur l'autre, carrées comme des casiers et hautes comme des tours.

*

La pelote de laine se rembobine à grande vitesse sous mes yeux.

*

Tout l'univers connu et inconnu est contenu à l'intérieur de moi, je cherche seulement à ouvrir la fissure qui le laissera échapper.

mercredi 17 février 2010

Jour 48

Mets la muraille à terre ou bien tourne les talons.

*

Cette nouvelle cicatrice verticale qui barre mon sourcil et me marquera sans doute pour la vie, c'est parce qu'il y a trois mois j'ai heurté la porte du placard de ma cuisine, et tout est véridique.

*

On n'a pas le choix, c'est manger ou être mangé : manger l'univers ou être mangé par lui.

mardi 16 février 2010

Jour 47

Nous marchons à la surface d'un monde tout déformé, avec des bosses qui veulent nous renverser.

*

Il te faut de bien meilleures protections, tu ne devrais jamais avoir besoin de brandir tes boucliers, l'ennemi devrait être stoppé bien avant, à des kilomètres de toi.

*

Saint-Simon avait raison, Mémoires et Additions, il est permis d'écrire et lire l'histoire.

lundi 15 février 2010

Jour 46

Chaque nuit les rêves me délivrent le même message, d'une précision fabuleuse : dévoile tout ce que tu sais !

*

Fuis quiconque ne sera pas en guerre permanente contre la souffrance, fuis les masochistes.

*

Tu seras capable de t'asseoir dans tous les sièges à la fois, multitude des corps reliés à un unique esprit.

dimanche 14 février 2010

Jour 45

Tout ce que j'ai vu là-bas, je l'écrirai un jour.

*

Ton lit, la nuit, dans la vérité des rêves, c'est le seul endroit habitable.

*

Je ne crois plus qu'en l'or indécis des champs de blé, très loin d'ici, en plein été.

samedi 13 février 2010

Jour 44

Dès que le sommeil m'a saisi, je suis étreint par les rêves et embrassé jusqu'au vertige.

*

Sois concis, direct et le plus clair possible, écris en ligne droite.

*

Je me vois souvent, tout seul à marcher dans les rues d'une ville étrangère, Venise, Londres ou Paris.

vendredi 12 février 2010

Jour 43

À intervalle régulier, vivre quatre ou cinq heures sans se poser de questions, comme une bille sur la pente.

*

Je dois tout faire à la fois et ne rien oublier, sans cesse penser à maintenir ensemble les deux cent-cinquante os qui composent mon corps.

*

Tu écris puis tu stockes, en prévision des jours maigres, des saisons sèches.

jeudi 11 février 2010

Jour 42

Il y a tellement de choses sur lesquelles tu n'as aucun pouvoir, comment veux-tu diriger ta vie dans de telles conditions ?

*

Une grille majestueuse, à reflets de saphir, marque l'entrée du jardin des délices.

*

On ne te confond avec aucun autre peintre car ta main secrète une couleur que personne ne peut copier.

mercredi 10 février 2010

Jour 41

J'attends le moment opportun pour plonger.

*

Tu changes de visage pendant la nuit, et au matin te voilà un homme neuf.

*

Je vais peut-être pouvoir me faufiler malgré tout et révéler les trésors de mon corps.

- page 2 de 24 -