Carnet de Marc Pautrel

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mercredi 8 avril 2020

Jour 99

Dans ton cauchemar, les crétins avaient tout pouvoir et ils cassaient par milliers des bouteilles de vins rares.

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Je compte les jours et les heures, j'ai hâte que cette trop longue partie de ma vie se referme, que le monde réel reprenne enfin ses droits.

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Imagine un pays dans lequel les voiliers seraient interdits, jusqu'à ceux des enfants sur les bassins des squares.

mardi 7 avril 2020

Jour 98

Un immense jeu, très curieux et dont tu ne parviens pas à comprendre les règles, mais qui remplit entièrement ta nuit.

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Tu reconstruis ton propre corps, tu écris.

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Ce que cette poignée d'hommes a fait à ta liberté est impardonnable.

lundi 6 avril 2020

Jour 97

Chaque jour est une nouvelle fête pour toi, une noce personnelle, une fiesta qui n'en finit pas.

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L'été, comme ton être, est illimité.

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Un cirque géant, aux numéros bizarres, peuplé de clowns méchants, comme un rêve impossible.

dimanche 5 avril 2020

Jour 96

Imprime ta trace sur ce nouveau sol.

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Le meilleur moyen de traverser cet emprisonnement est l'alcool assurément.

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Tu es ce que tu es, tu te tiens face au monde aussi droit que possible.

samedi 4 avril 2020

Jour 95

Personne ne sonde comme toi l'épaisseur du Temps.

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Chaque jour est un nouveau festin, c'est à peine croyable.

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Le vieux monde s'enflamme pour toi, uniquement pour que tu le racontes, et donc le renouvelles.

vendredi 3 avril 2020

Jour 94

Pauvre enfant, qui veut dompter l'océan, alors qu'il faut l'accompagner.

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Tu t'es caché dans un tableau, à l'abri sous la peinture, protégé du vieux monde effondré.

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Depuis deux semaines, tous les matins tu te réveilles chez les fous, immense carnaval triste.

jeudi 2 avril 2020

Jour 93

Libère ton peuple prisonnier, ramène les mots à toi.

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Je me fixe sur l'horizon et le ciel; la plage et le large sont de simples ornements.

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Jamais tu n'avais vu une chose aussi saugrenue, quel invraisemblable spectacle.

mercredi 1 avril 2020

Jour 92

Tu démêles l'écheveau, tu mets patiemment au jour la vérité de ton corps unique.

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Chaque matin je m'envole, je me cabre et je quitte le sol, il y a une technique pour ça, comme pour tout.

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Tu as fait un mauvais cauchemar, le globe est toujours là, les abrutis aussi, et de même les génies.

mardi 31 mars 2020

Jour 91

Tu t'offres des plongées en toi toujours plus longues et profondes, là où les pires lois n'ont pas de prise sur toi.

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Compose ta propre musique, crée tes propres couleurs, vis dans ton propre futur.

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Comme on disait pendant la Révolution française : la liberté ou la mort.

lundi 30 mars 2020

Jour 90

Mesure ta chance, dans l'Histoire personne n'avait encore ressenti ce que tu éprouves à présent.

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J'essaie d'ouvrir les yeux mais je n'y parviens pas, depuis deux semaines chaque seconde le sommeil me retient en lui.

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Souviens-toi, c'est le peuple qui s'asservit, qui se coupe la gorge, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse.

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