Carnet de Marc Pautrel

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jeudi 18 mars 2010

Jour 77

Je permets à n'importe qui de devenir celui qui voit tout.

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La société aimerait m'anéantir, mais mes alliés sont puissants.

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Ma surface ne cesse pas de s'étendre.

mercredi 17 mars 2010

Jour 76

Plus aucune peur, je vis ailleurs.

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Tu sais prendre la réalité à son propre piège, art suprême du poète.

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J'emporte tout avec moi, les champs, les forêts, les maisons, les paquebots, les avions, comme une nappe qu'on retire malgré tous les couverts.

mardi 16 mars 2010

Jour 75

Tu es protégé par tes livres à venir, c'est ton secret.

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Fréquemment, je me tiens sur le toit du monde.

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Chaque nuit possède une issue de secours, une porte qui s'ouvre sur la prairie.

lundi 15 mars 2010

Jour 74

Tous les arbres voudraient monter jusqu'au ciel, dépasser les montagnes est leur seule raison d'être.

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D'une année à l'autre, j'ai gagné en dextérité, mon jonglage sera bientôt parfait.

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Chaque nuit, tu enlaces de nouveaux rêves.

dimanche 14 mars 2010

Jour 73

Je suis en guerre ouverte contre mon existence présente et j'écris pour gagner la bataille.

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Il faut agir en sachant que le futur n'est pas prévisible.

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Tu sautes maintenant les ravins comme si c'étaient des ruisseaux.

samedi 13 mars 2010

Jour 72

Plus tu écris et plus tu rajeunis.

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Impression d'avoir passé la journée à me battre à mains nues avec un tigre, alors que ce n'était qu'un livre, mais mon livre.

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Un jour on est en bas, un jour on est en haut, il faut savoir s'immobiliser au bon moment.

vendredi 12 mars 2010

Jour 71

Je ne sais pas ce que je fais, d'autres le savent pour moi, mais je le fais malgré tout.

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Tu as une épée dans chaque main et tu te bats dans les cent dimensions du langage.

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Sans cesse je dois penser à alimenter le moteur.

jeudi 11 mars 2010

Jour 70

Durant cette courte vie, tant de lieux différents où j'ai posé les yeux.

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L'immense paquebot, le navire aux dimensions du continent, c'est toi, les lecteurs sont des passagers.

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Mes phrases montent la garde jusqu'au pied de mon lit, mes phrases m'entourent et me protègent.

mercredi 10 mars 2010

Jour 69

Si tes mains poussent la muraille suffisamment longtemps, elle cédera.

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À aucun prix je ne quitterais le corps de Marc Pautrel pour un autre.

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Tout le temps qu'on écrit, on a la chance d'être en fuite : loin des barbelés, loin des barreaux.

mardi 9 mars 2010

Jour 68

Mes morts me parlent.

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Certains mots du dictionnaire n'obéissent qu'à moi, très bientôt je saurai lesquels.

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Tu cherches une femme dont le corps puisse remplacer la voûte céleste.

lundi 8 mars 2010

Jour 67

Si je laisse le sommeil me gagner, c'est fini, je coule à pic et l'océan me digère.

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Parfois, avoir écrit le texte d'un livre suffit, le publier devient superflu.

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Toute la nuit, les animaux sauvages vont danser autour de ton corps et te faire la fête.

dimanche 7 mars 2010

Jour 66

Le sol que vous foulez cache toutes les pensées oubliées des morts.

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C'est au milieu des batailles que tu as appris comment te protéger.

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Je ne suis qu'un appareil de mesure ultra-sensible, un sismographe humain.

samedi 6 mars 2010

Jour 65

Ma vraie taille est insoupçonnable.

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Certains soirs, les mots ne veulent plus t'obéir.

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Je monte sans repos, je gravis, j'escalade jour et nuit, mais je ne sais pas où je vais, je suis un alpiniste aveugle.

vendredi 5 mars 2010

Jour 64

Je viens de passer une porte, ou plutôt une porte est passée de l'autre côté de moi.

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À chaque livre que tu écris, ton corps s'amenuise.

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Je replace simplement les lettres dans le bon ordre.

jeudi 4 mars 2010

Jour 63

Tu connais ta destination et tu connais ta position, alors marche.

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Le ciel n'est pas découpable, il est donné d'un bloc.

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Dans une heure, ta pensée vit l'équivalent d'une journée, donc pour toi un jour terrestre vaut 24 jours personnels, et 10 journées font 8 mois d'existence.

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