Carnet de Marc Pautrel

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vendredi 26 mai 2017

Jour 146

J'écris pour ajouter à mes deux bras quelques milliers d'autres bras.

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Chaque matin tu déroules la route devant toi, et aucun obstacle ne sait t'arrêter.

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Racontant entre chien et loup, ni de jour ni de nuit, dans le vrai et le rêve, dans le corps du lecteur et celui de l'auteur.

jeudi 25 mai 2017

Jour 145

Tu lances tes textes au loin et le monde te les renvoie bien plus tard en mille fois plus forts, récompense des dieux qui ne t'oublient jamais.

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Avançant telle une vague infime qui parcourt la surface des eaux calmes et qui ne faiblit pas.

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Puisse ton bras s'allonger assez loin pour cueillir, à mille kilomètres ou vingt années d'ici, tout ce qui t'y attendait.

mercredi 24 mai 2017

Jour 144

Nous possédons deux yeux pour lire deux textes au travers d'un seul.

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Les millions d'étoiles qui défilent sur ta droite et ta gauche exigent que tu les décrives.

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Ils croient que ton texte est un ciel, alors qu'il n'est que son reflet sur la surface des eaux, le ciel c'est eux.

mardi 23 mai 2017

Jour 143

Tiens-toi au centre de ce damier que tu es seul à voir.

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Heure par heure tu construis ton monde, qui sera plus tard celui de tous les vivants.

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Écris comme un rapace fondant sur sa proie.

lundi 22 mai 2017

Jour 142

Aussitôt que tu la sollicites, tu reçois la lumière biblique.

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Comme l'avion, amorçant sa descente, s'incline et chute en diagonale, tu changes de direction soudainement et pourtant gracieusement.

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Approfondis ton écriture, concentre ta liqueur, renforce tes tannins, toujours plus vif, toujours plus long.

dimanche 21 mai 2017

Jour 141

Puisse l'océan précéder tes pas à l'intérieur des terres.

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Je narre les aléas du ciel au travers des saisons.

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Produisant à toi seul le grondement de milliers de mains applaudissant la scène.

samedi 20 mai 2017

Jour 140

Cent kilomètres de marche à pied pour à peine vingt centimètres de phrases, la voie du récit est si lente.

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Personne ne sait où la poésie se cachera.

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Il s'agit de déplier toute sa vie passée et future devant soi puis donner à chaque région un nom.

vendredi 19 mai 2017

Jour 139

Ton petit bolide troue la nuit qu'il illumine dans le même mouvement.

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Tirant le monde à toi, tu crois que tu t'en rapproches, alors que c'est lui qui bouge et qui vient vers toi.

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Année après année, tu te nourris de tout ce que malchance et chance ont placé sur ta route.

jeudi 18 mai 2017

Jour 138

Attire à toi les autres montagnes et réunis-les en une seule terre toujours plus élevée.

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Tout près de moi, dans mon angle droit, se tient une voix que seule mon oreille perçoit : la mienne.

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Les murs s'ouvrent d'eux-mêmes à ta vue, de sorte que tu n'as plus à les transpercer.

mercredi 17 mai 2017

Jour 137

N'hésite pas, ne perds pas de temps, va à l'essentiel, raconte et vis ta vie.

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J'ai ajouté des couleurs à la nuit.

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Puisque ce vieux monde t'envoie toutes sortes d'ondes, tu dois les lui retourner, mais modifiées.

mardi 16 mai 2017

Jour 136

Tu as toujours marché sur un quai, prêt à tout moment pour l'embarquement.

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Je me déplace aisément, allongé sur le ventre, dormant sur mon tapis volant.

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Fais tomber les lettres à la verticale sur ta page, et rapides comme la grêle.

lundi 15 mai 2017

Jour 135

Rapproche ton sentiment présent d'un point de l'espace et du temps, puis laisse le langage œuvrer pour toi, avec toi et en toi.

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Tu fais rouler des vagues par-dessus tes journées, tu racontes ce que tu as traversé.

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Va vers le plus urgent, l'essentiel, l'important, le fondement d'où tout le reste découle.

dimanche 14 mai 2017

Jour 134

Le jour dit, tu comprends que tu es devenu quelqu'un d'autre, que les dieux t'accueillent soudain comme un des leurs.

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Trace l'allée droite qui sort de ta maison et t'ouvre le nouveau monde.

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L'amour, comme une vague plus haute qu'une montagne, que tu n'as pas à gravir car c'est elle qui te hisse.

samedi 13 mai 2017

Jour 133

Seule ton émotion a raison du langage.

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Alimentez-moi avec l'électricité adéquate et je vous procurerai la lumière absolue.

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Le génie frappe où il veut, il ne t'obéit jamais, il est seul et il est capricieux.

vendredi 12 mai 2017

Jour 132

Tiens-toi au-dessus des nuages, là où le soleil brille toujours.

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Si les autres ne savent pas qui tu es, et si toi-même tu l'ignores, qui connaîtra ta vérité ? Tes textes.

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Chaque fois, tu ne comprends qu'avec retard l'exploit que tu as accompli.

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