Carnet de Marc Pautrel

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samedi 31 juillet 2010

Jour 212

Tu fermes les yeux et tu te retrouves à l'autre bout du pays, somme toute respirer est un privilège.

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Protégeons-nous, mais autant qu'il sera possible cherchons à éviter les guerres, même les guerres silencieuses.

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Sans cesse mon être tend à accroître son être.

vendredi 30 juillet 2010

Jour 211

Après toutes ces années, je ne sais plus d'où je viens, mais je sais où je vais.

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Au milieu du pire désordre, l'écrivain ne voit qu'une seule chose, le détail qui dit tout.

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L'heure est venue d'ouvrir le Cahier des visions.

jeudi 29 juillet 2010

Jour 210

Tu devines qu'il y a une issue quelque part, une porte dérobée glissée dans la muraille, qu'il te suffira de pousser pour être définitivement sauvé.

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Je ne suis pas le fils de Franz Kafka, ou plutôt il n'est pas mon arrière grand-père.

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Tu sais comment élever des pyramides et des gratte-ciels, dresser des montagnes d'un seul geste de la main.

mercredi 28 juillet 2010

Jour 209

Tu gagnes des alliés chaque minute.

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Ce que j'ai écrit dans la journée m'empêche de dormir la nuit : soit parce que c'est raté et que j'imagine avoir perdu le don d'écrire, soit parce que c'est réussi et que je redoute les conséquences de la publication.

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La route disparaît parfois sans raison, mais il faut continuer d'avancer.

mardi 27 juillet 2010

Jour 208

Je me déploie partout, comme une pieuvre qui se serait assoupie.

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Un écrivain avance à l'appétit, il écrit quand il a faim d'un autre monde.

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Tu es un bon petit soldat du langage.

lundi 26 juillet 2010

Jour 207

La mer est verte et le ciel est bleu, et toute l'après-midi ta seule occupation sera de vérifier que la chose reste vraie.

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Je suis trop grand pour le monde, mes pieds dépassent.

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Chaque jour, pendant trois heures, tente de ne plus penser que par écrit, coule-toi dans ta main.

dimanche 25 juillet 2010

Jour 206

Tu entends des voix, tu les retranscris, ce n'est pas plus compliqué; pour tout le reste, qu'on s'adresse à ton éditeur.

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Peu importe où je vais, tant que je continue d'avancer et que je ne ralentis pas malgré les barrages.

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Comique disproportion entre l'incessante énergie consacrée à l'écriture des textes et les quelques dizaines de lecteurs qu'ils auront.

samedi 24 juillet 2010

Jour 205

Je fais mille fois le tour de la terre avant de commencer à tracer la première lettre du premier mot de la première ligne de ma journée.

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Les champs de blé après la moisson, d'un vide éclatant, un vide à consumer les yeux.

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Tu as au bout des bras des mains larges comme des barques.

vendredi 23 juillet 2010

Jour 204

Raconte toutes les choses qui t'ont touché durant ta courte vie.

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Jetez un oeil par ici, depuis l'extérieur et vers l'intérieur, dans le tunnel des archères de la muraille.

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La vraie vie ne suffit pas, elle seule ne pourra pas justifier mon existence.

jeudi 22 juillet 2010

Jour 203

Brasier de tous les feux de l'infini réfléchis par les eaux.

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On peut essayer de m'attaquer moi, mais on ne peut pas attaquer ce que j'ai écrit : les livres sont comme invulnérables.

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Centaines d'heures perdues à errer dans les ruelles de l'imagination, et soudain, un jour : ton futur livre, ta maison.

mercredi 21 juillet 2010

Jour 202

Les ponts que j'emprunte pour enjamber les eaux sont antiques et indestructibles.

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Toi aussi tu pourrais apprendre à nager dans les phrases, plonger, remonter et flotter.

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Tu voudrais toucher l'autre réalité, l'existence qui succède à la mort.

mardi 20 juillet 2010

Jour 201

Le filon est quelque part ici, en-dessous des choses.

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L'élu n'a pas de métier, pas de mission, il n'a même pas de vie, et il n'a qu'un seul but.

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Ma complexité apparente n'est qu'une suite logique d'une longueur infinie.

lundi 19 juillet 2010

Jour 200

C'est toi qui, le jour venu, allumera les lumières.

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Mes souvenirs s'imposent à moi au moment opportun.

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Il te faudra aller à cet endroit du langage où personne n'est encore allé, et le faire de manière invisible.

dimanche 18 juillet 2010

Jour 199

Boire tout l'océan, le seul rêve qui vaille.

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Ma responsabilité est limitée, je suis un prisonnier du langage.

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Tu glisses sur la pente vers le coeur de la vallée, et rien ne pourra t'arrêter.

samedi 17 juillet 2010

Jour 198

Je prépare mon évasion de l'aquarium, ma course jusqu'aux premières eaux de l'océan.

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Entre toutes les pensées, se livre une guerre secrète implacable et permanente.

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Tu es la voix des oubliés qui a l'oreille des privilégiés.

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